Vous êtes ici : Lettres > Séquences > L'Odyssée en peinture > Séance 2° Calypso
Calypso est une nymphe vivant sur l’île d’Ogygie. C’est une « île lointaine » (page 17). C’est certainement une des premières îles de la littérature, une île éloignée où l’on est enfermée. De nombreux romans s’empareront de ce thème. Pensez à Robinson Crusoé ou à L’Île au trésor.
Personne ne va jamais sur l’île d’Ogygie. Pas même les dieux.
C’est pourtant là que se trouve Ulysse, prisonnier de la nymphe Calypso, qui est amoureuse de lui. Elle lui a promis l’immortalité, mais lui ne songe qu’à rentrer pour retrouver sa femme et son fils qu’il n’a pas vus depuis près de vingt ans. Cet homme, que dix années de combat et dix autres années d’errance ont dû épuiser, songe encore à rentrer chez lui afin de retrouver une épouse qui s’est peut-être remariée, et un fils qui ne le reconnaîtra peut-être pas, si tant est que tous deux soient encore en vie.
Nourri au nectar et à l’ambroisie, la nourriture des dieux, Ulysse pourrait devenir immortel, insensible à la mort, à la vieillesse, à la maladie. Il pourrait échapper à tous les malheurs de l’humanité.
Malgré cela, le début de L’Odyssée est très triste : Ulysse pleure sur la plage ( il a pourtant aimé la nymphe ). Il croit que personne ne se souvient de lui. Lui qui rêvait, comme tout guerrier épique de se couvrir de gloire, est oublié. Il n’est plus personne. Précisément, il est devenu ce Personne dont il parlait au cyclope Polyphème. Plus tard, lors de l’épisode de la tempête provoquée par Poséidon, Ulysse souhaiterait mourir comme Achille, dans un combat glorieux, au lieu de connaître « une mort obscure » (page 24).
Pourtant, une déesse, Athéna, organise son retour chez les siens. Pendant l’absence de Poséidon, les dieux, lors d’une assemblée, décident qu’Ulysse doit rentrer ( « Son destin est de revoir ses amis, de rentrer dans sa haute demeure et dans sa patrie », page 16).
Le messager Hermès est chargé d'exiger de Calypso qu'elle libère Ulysse, ce qui provoque la fureur du dieu de la mer lorsqu’il s’en aperçoit.
Afin de partir, Ulysse, aidé de Calypso, fabrique un magnifique radeau, véritable chef-d’œuvre construit en quatre jours seulement. Pour réaliser ce radeau, Ulysse abat vingt arbres qu’il « équarrit » et aligne « au cordeau » (page 22). Les poutres sont unies « au moyen de chevilles et de cordes » (page 22), etc. C’est une véritable prouesse d’artisan.
Enfin, malgré les vents (« L’Euros, le Notos, le violent Zéphyr et le Borée», page 23) qui ont été déchaînés par Poséidon, Ulysse arrive sur les bords de la Schérie, la terre des Phéaciens. Le héros doit sa survie à Ino, la fille de Cadmos, qui lui prête un voile magique lui permettant d'échapper à la noyade.
À lire également :
Séquence IV : L'Odyssée en peinture