Nausicaa et les Phéaciens

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Nausicaa

Sauvé par Ino, aidé par le fleuve auquel il a adressé une prière, Ulysse arrive sur les bords de la Schérie, terre des Phéaciens. Il s’endort sous un olivier, arbre qui révèle la présence protectrice de la déesse Athéna.
Dans le même temps, celle-ci intervient en rêve auprès de Nausicaa et crée chez la jeune fille le désir de se marier. Afin de se préparer, Nausicaa se rend sur les bords du fleuve où se trouve Ulysse. Ce n’est pas une coïncidence ; c’est évidemment une rencontre organisée par la déesse, qui se sert de Nausicaa afin d’aider Ulysse.

"Ulysse et Nausicaa" de Pieter Pietersz Lastman "Ulysse et Nausicaa" de Salvator Rosa "Ulysse demandant des secours à Nausicaa, fille du Roi Alcinoos" de Pierre Antoine Augustin Vafflard "Ulysse et Nausicaa" de Valentin Serov

Athéna l’aide à plusieurs reprises. Au bord du fleuve, au moment de se préparer, elle le fait paraître plus grand, plus beau, de telle sorte que Nausicaa le désire comme mari (page 35) et lui montre le chemin du palais. Ensuite, Athéna le rend invisible grâce à « un brouillard magique » (page 38) afin de lui permettre de traverser la ville sans difficulté et le fait apparaître soudainement aux pieds du roi Alkinoos et de la reine Arété (« Aussitôt le brouillard se dissipa, à la grande stupeur de tous »). Le roi promet alors de lui accorder l’hospitalité et de le ramener chez lui dès le lendemain. Le soir, Ulysse et les Phéaciens banquettent et écoutent l’aède aveugle Démodokos chanter l’histoire de la guerre de Troie. Ulysse pleure en écoutant sa propre histoire.

Alkinoos lui demande alors qui il est, et de raconter ses aventures.

"Ulysse à la cour d'Alcinoos" de Francesco Hayez

En arrivant dans la Schérie, Ulysse pénètre dans un monde parallèle, un autre espace-temps, celui de l’âge d’or, où les richesses abondent (« C’étaient portes d’or, parois de bronze, statues d’argent, d’or », page 38), le printemps éternel produit des fruits toute l’année « Au-delà de la cour, on voyait un jardin dont les arbres - poiriers, pommiers, figuiers, oliviers, vignes - portaient des fruits toute l’année, été comme hiver » (page 38). Enfin, les Phéaciens sont proches des dieux et vivent à l’écart (« Nous sommes très chers aux Immortels ; nous habitons à l’écart sur la mer houleuse et nous n’avons aucun commerce avec les autres hommes » dit Nausicaa, page 34) (1).

C’est un lieu dans lequel on ne parvient et qu’on ne quitte qu’en songe. Ainsi, lorsqu’Ulysse arrive chez les Phéaciens, on lit : « Athéna répandit le sommeil sur ses yeux et ferma ses paupières » (page 27). Et, lorsque les Phéaciens le ramènent chez lui : « Il s’endormit aussitôt ; tandis que le navire, rapide comme l’épervier, fendait les flots innombrables » (page 102).

Enfin, la Schérie est une terre condamnée. Pour avoir ramené Ulysse chez lui, Poséidon « changea leur navire en rocher et couvrit la cité d’Alkinoos d’une montagne » (page 102).

La Schérie demeurera une terre mystérieuse, inconnue, disparue, qu'on n'atteignait qu'en songe.

"Départ d'Ulysse du pays des Phéaciens;" de Claude Lorrain

Notes :

1 - Dans Les Métamorphoses, Ovide écrit que dans l'âge d'or, « Le printemps était éternel [...] la terre, que nul n'avait labourée, se couvrait de moissons ; les champs, sans culture, jaunissaient sous les lourds épis », « pas un mortel ne connaissait d'autres rivages que son pays » ; « On ignorait les châtiments et la crainte ».

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