RALENTIR TRAVAUX par Yann Houry & cie

Les propositions subordonnées

Lettres Cours Les propositions subordonnées
Plan du cours

Ce cours ne traite ni de la proposition subordonnée infinitive ou participiale ni de la proposition subordonnée interrogative.

Introduction

Lorsqu’on constate un rapport de dépendance entre une proposition dite principale et une autre dite subordonnée (on dit aussi enchâssée), on parle de subordination :

Alfred de Nerval, que j’espérais avoir pour compagnon de voyage, avait hâté le départ des bateliers.

La proposition que j’espérais avoir pour compagnon de voyage est subordonnée (ou enchâssée) à la proposition principale Alfred de Nerval avait hâté le départ des bateliers. La proposition subordonnée n’a pas d’autonomie : elle ne peut pas exister toute seule, contrairement à la principale. On parle donc de subordination lorsqu’une proposition dépend d’une autre, et qu’elle ne peut exister seule.

Les propositions subordonnées sont généralement introduites par un terme marquant leur dépendance par rapport à la principale : ce sont les conjonctions de subordinations et les pronoms relatifs.

On distingue :

a) Les propositions subordonnées introduites par un pronom relatif. Ce dernier a plusieurs rôles : il introduit et signale la proposition, indique une fonction (qui est sujet, que est objet, dont est notamment COI…). Ce sont les propositions subordonnées relatives.

b) Les propositions subordonnées introduites par une conjonction de subordination. Celle-ci n’a jamais de fonction. C’est un pur outil grammatical qui introduit la subordonnée dite complétive parce qu’elle joue en général le rôle de complément, identique à un GN ( Alfred attend que le bateau revienneAlfred attend le retour du bateau ). Ce sont les propositions subordonnées complétives.

c) Les propositions subordonnées introduites par une conjonction de subordination qui marquent à la fois le rapport de dépendance et spécifient la signification du rapport avec le reste de la phrase (la cause, la condition, le temps... ). Ce sont les propositions subordonnées circonstancielles.

I – Les propositions subordonnées relatives

Elles sont appelées relatives, car elles commencent par un pronom relatif. Il y a des pronoms relatifs simples (qui, que, quoi, dont, ) et des pronoms relatifs composés (lequel qui s’amalgame avec les prépositions à, de pour former auquel, à laquelle, duquel, etc.).

1. Le pronom relatif cumule trois rôles

2. La fonction des principaux pronoms relatifs

a) Qui est sujet

Le seul souvenir qui resta fut celui de cette chasse. (sujet du verbe resta)

b) Que est COD

Il poussa l’or et les billets de banque qu’il avait devant lui. (COD du verbe avait)

c) Quoi est généralement COI

Il est, le plus souvent, précédé d’une préposition (à, sur, de...)

Ce sont des choses à quoi vous ne prenez pas garde. (COI de prenez garde)

d) est complément circonstanciel de temps ou de lieu

e) Dont peut remplir plusieurs fonctions :

3. La fonction de la proposition subordonnée

La proposition subordonnée relative a une fonction. Elle est complément de l’antécédent.

La proposition dont la bibliothèque était remplie est complément de l'antécédent les livres dans la phrase Pauline regardait les livres dont la bibliothèque était remplie.

4. Déterminative ou explicative ?

Il reste à dire si la relative est déterminative (elle est nécessaire à la compréhension de la phrase et ne peut être supprimée) ou explicative (elle n’est pas indispensable au sens de la phrase, elle peut donc être supprimée) :

Les chevaux, qui savaient leur route, étaient arrivés à Ranville.
La proposition peut être supprimée. La phrase conserve une signification : Les chevaux étaient arrivés à Ranville. La proposition est donc explicative.

La seule chose qui m’inquiétât était un certain tiraillement d’estomac (Le narrateur n’avait rien pris depuis dix heures du matin).
La proposition ne peut pas être supprimée, car la phrase ne veut plus rien dire : La seule chose était un certain tiraillement d’estomac.

II – Les propositions subordonnées complétives

Ce sont des propositions qui se substituent, dans la plupart des cas, à un groupe nominal.
Les propositions subordonnées complétives sont généralement introduites par la conjonction de subordination que :

Je sentis que le comte s’était rapproché de mon côté.

La conjonction que est un pur instrument de subordination. Il n’a aucune fonction dans la subordonnée.

Beaucoup de verbes ont la propriété de se construire avec une complétive : dire, raconter, déclarer, craindre, vouloir, etc. Certaines complétives dépendent de verbes impersonnels : il arrive, il semble, il faut : Il faut que notre rencontre reste un secret pour tout le monde.

D’autres ont un fonctionnement plus complexe

III – Les propositions subordonnées circonstancielles

La notion de circonstance est pour le moins vague. Les circonstances sont à peu près les mêmes que celles des compléments circonstanciels de la phrase (le temps, la cause, le but, etc.). On distingue donc :

Les propositions subordonnées circonstancielles sont donc introduites par une conjonction de subordination (quand, comme, puisque, parce que, pour que, dès que, alors que...). À la différence des propositions subordonnées complétives, la conjonction de subordination a une signification. Elles précise le lien qui unit la proposition au reste de la phrase (on l’a vu : le temps, la cause, etc. ).

Comme les compléments circonstanciels, certaines subordonnées circonstancielles peuvent être déplacées : Lorsque je rentrai chez moi, je n’eus plus le courage de déchirer ce papier./Je n’eus plus le courage de déchirer ce papier, lorsque je rentrai chez moi. ; Il nous ferait plaisir s’il venait/S’il venait, il nous ferait plaisir. Cela est surtout vrai pour les temporelles, les causales, les finales et les concessives.

Partager

À voir également