Évaluation : Les points de vue

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I - Donnez une définition de chacun des points de vue.

II - Lisez attentivement les extraits ci-dessous puis dites quel point de vue est utilisé. Justifiez le plus précisément possible vos réponses (c’est-à-dire en citant le texte, et en expliquant).

Extrait 1

Le cobra s’était mis en mouvement et sortait le reste de son long corps empreint d’une sauvage beauté de dessous le tapis. Ses écailles blanches et beiges brillaient dans la lumière. Nicolas pensa : “Ton nom est légion.” Devait-il demeurer immobile ? L’adversaire s’était rapproché, redressé, arqué. Il semblait prêt à frapper. Nicolas sentit le désespoir l’envahir, il aurait voulu crier et se retenait de le faire. Il se mit à prier. La gueule du serpent s’entrouvrait quand, brutalement, une main se plaqua sur la bouche de Nicolas et, dans le même temps, il entendit s’élever une étrange et sauvage mélopée. Sous ses yeux, une main brune apparaissait, tendue à l’extrême, les doigts dirigés vers la bête. (Le sang des farines)

Extrait 2

Ils étaient devant le pub. Il faisait nuit, car Mme Holland avait insisté pour qu’ils attendent le coucher du soleil. Elle avait passé le restant de la journée à traîner sur le port, où les bateaux de pêche se soulevaient lentement sous l’effet de la marée qui s’engouffrait jusque dans la rivière. M. Berry, intrigué, l’avait regardée discuter avec les vieux pêcheurs, l’un après l’autre, et leur poser des questions sans queue ni tête sur les lumières, les marées et ainsi de suite. Sans aucun doute, se disait-il, cette femme était vraiment étonnante. (La Malédiction du rubis)

Extrait 3

Dans les premiers jours du mois d’octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entra dans la petite ville de Digne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leurs fenêtres ou sur le seuil de leurs maisons regardaient ce voyageur avec une sorte d’inquiétude. Il était difficile de rencontrer un passant d’un aspect plus misérable. (Les Misérables)

Extrait 4

Comme il faisait une chaleur de tente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.
[...]
Deux hommes parurent.
L'un venait de la Bastille, l'autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.
Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s'assirent à la même minute, sur le même banc. (Bouvard et Pécuchet)

Extrait 5

Attirée, peut-être à son insu, par la force de l’un ou par la beauté de l’autre, mademoiselle Taillefer partageait ses regards furtifs, ses pensées secrètes, entre ce quadragénaire et le jeune étudiant ; mais aucun d’eux ne paraissait songer à elle, quoique d’un jour à l’autre le hasard pût changer sa position et la rendre un riche parti. D’ailleurs aucune de ces personnes ne se donnait la peine de vérifier si les malheurs allégués par l’une d’elles étaient faux ou véritables. Toutes avaient les unes pour les autres une indifférence mêlée de défiance qui résultait de leurs situations respectives. (Le Père Goriot)

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