Le pays des morts (Les Enfers)

Vous êtes ici : Lettres > Séquences > L'Odyssée en peinture > Le pays des morts (Les Enfers)

Circé leur ayant indiqué le chemin des Enfers, Ulysse et ses compagnons parviennent chez les Cimmériens qui vivent « aux limites du profond Océan » là où « les rayons du soleil ne percent jamais » (page 74).

Dans cette nuit permanente, au lieu indiqué par Circé, Ulysse parvient au royaume d’Hadès.

Le royaume des morts décrit par Homère est un lieu terrifiant : il n’y a pas de seconde vie, pas de nouveau commencement, pas d’espérance. Il n’y a aucune lumière, aucun souvenir (à moins que l’âme du mort ne boive le sang du sacrifice). Il n’y a que moisissures et ténèbres.

Tirésias aux Enfers  Les Enfers

Là, Ulysse convoque les morts. C’est ce qu’on appelle la Nékuia : Ulysse creuse une fosse autour de laquelle il verse les libations (lait mêlé de miel, du vin puis de l’eau), et répand par-dessus la farine blanche. Après avoir prié les morts et promis des sacrifices, il fait couler le sang des bêtes sur la fosse :

« Alors les âmes des morts qui ne sont plus surgirent en nombre de l’Érèbe » (page 75)

Ulysse empêche, avec son épée, « les têtes sans force de boire le sang » (page 75) et attend la venue du devin aveugle Tirésias. Celui-ci lui indique les épreuves qu’il aura à affronter. Ainsi, le passé ( l’âme du mort ) annonce l’avenir, le mort parle au vivant.

Les Enfers

Ulysse rencontre également sa mère qui l’informe de la situation d’Ithaque en son absence.

Ulysse est interrompu dans son récit par Alkinoos et Arété. La reine lui dit : « Ulysse, on voit bien que tu n’es pas menteur et voleur ; ton récit est digne d’un aède » (page 80)

Ulysse et l'ombre d'Ajax

Enfin, il rencontre ses compagnons d’autrefois, tel Agamemnon qui lui raconte la triste fin que lui a réservé sa femme et son amant ou encore Achille. Un dialogue célèbre s’ensuit entre Ulysse et le fils de Pélée :

« [...] Achille, jamais mortel ne sera plus heureux que toi : de ton vivant, les Grecs t’honoraient comme un dieu, et maintenant tu règnes sur les morts.
Je dis et il me répondit :
- N’essaie pas de me consoler de la mort, illustre Ulysse ! J’aimerais mieux vivre et servir un pauvre paysan pouvant à peine se nourrir que régner sur tous les morts qui ne sont plus » ( page 83 )

L’Iliade faisait l’éloge de l’exploit guerrier, de la gloire obtenue au combat, de la mort illustre. L’Odyssée dit le contraire : il vaut mieux vivre inconnu, sans gloire, parmi les siens. Comme le dit si bien Pietro Citati, « La gloire n’a de sens que dans la lumière de la vie » (1)

Les Enfers

Ce passage aux Enfers est aussi l’occasion, pour Homère, d’évoquer Minos l’un des juges des Enfers ainsi que quelques-uns des grands suppliciés comme Tantale ou Sisyphe.

"Tantale" de Gioacchino Assereto "Sisyphe" de Titien

Une visite des Enfers peut être faite en cliquant sur le panneau. (2) Panneau indiquant les Enfers

Notes :

1 - La Pensée chatoyante, page 250
2 - Cette visite des Enfers s'inspire davantage d'Hésiode que d'Homère.

Partager

À voir également

Commentaires