La parure (extrait 4)

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Le rythme du récit

La fin du conte peut être découpée en trois étapes qui varient en fonction de la vitesse du récit :

Première étape : lignes 1 à 12 (le passage dure dix ans)
Deuxième étape : lignes 13 à 19 (le passage a une durée de quelques semaines ou quelques mois tout au plus ; seul l'adverbe «parfois» indique une durée)
Dernière étape : lignes 20 à la fin (signalée par la conjonction de coordination «or». Elle dure tout au plus quelques minutes)

Le narrateur varie le rythme du récit. Il résume en quelques lignes les dix années de «vie horrible» qu’a connue Mme Loisel. C'est ce qu'on appelle un sommaire (ou un résumé). Cela évite au récit de traîner en longueur. Inversement, la dernière partie, qui dure quelques minutes, est une scène. Elle a la durée qu'elle aurait dans la réalité.

La chute

La fin du conte produit une surprise de taille. Le conte s'arrête au moment où Mme Loisel découvre l’horrible vérité laissant le lecteur imaginer la suite. Le récit reste en suspens, et l'on peut formuler diverses hypothèses sur la suite (Mme Loisel va-t-elle être aidée par Mme Forestier ? Va-t-elle retrouver le bonheur perdu ?). Le texte s'arrête à un moment très important et gagne en intensité du fait qu'il est interrompu. C'est ce qu’on appelle la chute.

Un personnage incorrigible

Mathilde décide de tout avouer, car elle estime avoir payé sa dette. Elle en tire une fierté qui montre qu'elle n'a toujours pas compris la leçon («Et elle souriait d’une joie orgueilleuse et naïve», l.43). Orgueilleuse dans le bonheur comme dans le malheur, Mathilde fait toujours preuve du même défaut. En somme, la misère ne l'a pas changée. Certes, elle physiquement marquée, mais la vie ne lui a rien appris (bien qu'elle lui ait tout pris).

Ce conte, en s'arrêtant là, amène le lecteur à réfléchir puisque la moralité reste implicite. C'est à nous de la retrouver. En un sens, le conte est très moralisateur : il faut payer ses dettes, il est mal de vouloir ce qu'on n'a pas…. Le conte dénonce l'orgueil, les mensonges du couple Loisel, mais la chute nous amène à une tout autre conclusion. Les dix années de souffrance ont été purement inutiles, et Mme Loisel n’a rien appris. C’est un personnage incorrigible. L’on peut en conclure que les gens ne changent pas. Ils n’apprennent pas.

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