dictionnaire et traducteurs

Œdipe roi de Sophocle

Vous êtes ici : Lettres > Lecture > Œdipe roi de Sophocle

Œdipe roi est une tragédie de Sophocle, tragédien grec du cinquième siècle avant J.-C..

Il faut, pour comprendre ce qu’est alors le théâtre grec, recourir au très précieux livre d’André Degaine Histoire du théâtre dessinée :

Théâtre à la fois cultuel (le culte de Dionysos y est célébré) et culturel (divertissement et réflexion se mêlent dans ce spectacle civique), la tragédie grecque se joue en plein air devant des milliers de spectateurs. Elle commence par un prologue et est divisée en plusieurs épisodes entrecoupés d’intervention du chœur (les stasima) dont l’entrée est appelée la parodos et la sortie l’exodos.

À présent, rappelons l’histoire de ce roi qui son titre à la tragédie.

Œdipe est un déchiffreur fameux d’énigme. Si tout le monde désormais connaît le sphinx et sa non moins célèbre devinette, celle-ci conserve quelque charme ainsi posée :

« Sur terre il est un être à deux, quatre, trois pieds,
et même voix toujours ; le seul dont le port change
parmi tous ceux qui vont rampant au ras du sol,
qui montent dans les airs ou plongent dans l’abîme.
Quand, pour hâter sa marche, il a plus de pieds,
c’est alors que son corps avance le moins vite. »

(Anthologie Palatine)

Vous trouverez, en cliquant sur le lien, quelques tableaux s’inspirant de cette histoire.

Œdipe, en trouvant la réponse, délivre Thèbes du monstre et devient le roi de la ville qui n’en avait plus et y règne paisiblement. Il épouse la reine Jocaste et a quatre enfants de celle-ci.

On peut se demander ce qu’Œdipe — habitant de Corinthe — faisait là. Un oracle l’avait averti qu’il commettrait un double crime : il tuerait son père et épouserait sa mère dont il aurait des enfants. Il se révélerait ainsi père et frère de ses enfants, époux et enfant de la femme dont il est né, rival incestueux et assassin de son propre père.
Fuyant cet avenir funeste, il quitte Corinthe et se rend vers Thèbes et, on le sait, devient roi.

Or la pièce commence ainsi : la peste fait des ravages et l’oracle révèle qu’il faut trouver le coupable d’un meurtre resté impuni, le meurtre du précédent roi Laïos. Œdipe, en tant que sauveur et roi de la ville fondée par Cadmos entreprend de découvrir le coupable. C’est là tout l’enjeu de la pièce, tout le mouvement du drame : faire la lumière sur un passé terrible. Œdipe, qui a cru échapper à son destin, s’y est jeté aveuglé peut-être par son assurance, son orgueil, ce que les Grecs appelaient l’hybris. Mais ce n’est pas le moindre intérêt que d’avoir mis en scène un coupable innocent. Dans une autre tragédie du même auteur, Œdipe dira :

« Étrangers, j’ai commis mes crimes : je les ai
commis ; mais — je l’affirme à la face du ciel -
à ces crimes ma volonté n’eut point de part. »

(Œdipe à Colone)

En effet, Œdipe est le jouet d’une malédiction. Son histoire prend place dans la généalogie des Labdacides. L’un des descendants de Labdacos, Laïos a été maudit, lui et sa descendance. Œdipe n’est donc pas né qu’il est déjà maudit. C’est « le vainqueur, déjà vaincu » dont parle Jean Anouilh. La pièce montre comment Œdipe découvrira, comprendra, et affrontera son destin : « jamais homme avant toi n’aura plus durement été broyé du sort », lui prédit le devin Tirésias.

Mais l’histoire, si elle a commencé bien avant lui, se terminera après lui notamment avec Antigone que vous pouvez lire également, du même auteur.

Pour finir, je ne peux m’empêcher de dire tout le mal que je pense de la pièce de Jean Cocteau La Machine infernale dont je me suis infligé la lecture et qui n’apporte strictement rien. Lisez plutôt Sophocle. Mais si vous le voulez, vous pouvez lire Antigone d’Anouilh qui est une pièce passionnante.

Partager

À voir également

Commentaires