Les théâtres de Paris
Pendant très longtemps, il n’y eut à Paris qu’un seul théâtre et qu’une seule troupe: par décision du roi Charles VI, seuls les Confrères de la Passion avaient le droit de se produire dans la capitale. Cependant, les troupes venant de l’extérieur pouvaient obtenir des Confrères une autorisation, à condition de payer une redevance.
Un seul théâtre permettait ainsi le contrôle des spectacles qui étaient, depuis le XVe siècle, religieux: c’est l’Écriture sainte qui y était représentée.
Mais, au XVIIe siècle, Richelieu et Louis XIV vont permettre l’ouverture de nouveaux théâtres. Puis ces théâtres fusionneront, et ce sera la naissance de la Comédie-Française.
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Le théâtre du Marais
En 1634, le comédien Montdory décide d’ouvrir dans le Marais un nouveau théâtre : le théâtre du Marais. Pour cela, il aménage la salle du Jeu de Paume du Marais.
C’est dans ce théâtre que Pierre Corneille donne quelques-unes de ses pièces les plus célèbres comme L’Illusion comique (1635) ou Le Cid (1637).
Compte tenu de l’affluence pour Le Cid, Montdory a l’idée de mettre des places installées sur la scène qu’il loue fort cher.
Le théâtre du Marais est détruit lors d’un incendie le 1er janvier 1644, mais il est reconstruit en moins de neuf mois.
L’hôtel de Bourgogne
Construit en 1548, ce théâtre est situé dans l’actuelle rue Étienne-Marcel. Il prend le nom du terrain : l’hôtel de Bourgogne.
Alors que l’on jouait habituellement sur le parvis des églises, l’hôtel de Bourgogne est le premier à permettre de jouer dans une salle fermée et dédiée au spectacle.
Les Confrères de la Passion y jouent d’abord des mystères, puis des farces. La salle est ensuite louée à des troupes itinérantes françaises ou italiennes.
La salle est construite sur le modèle de celles du Jeu de Paume : le sol est plat, on s’y tient debout, et des marches au fond permettent de mieux voir.
Le Petit-Bourbon
Cet ancien hôtel, construit au XIVe siècle, est situé entre le Louvre et l’église de Saint-Germain.
C’est la plus grande salle de Paris. Molière y joue après quatorze ans passés en province, en alternance avec la troupe des Italiens.
Le ballet comique de la reine (1581) et les États généraux de 1614 s’y sont déroulés.
Le théâtre du Petit-Bourbon est détruit en 1660.
Le Palais-Royal
Situé 38 rue de Montpensier et donnant sur les jardins du Palais-Royal, ce théâtre existe toujours, mais il a été reconstruit après un incendie.
Inaugurée en 1641, cette salle était le théâtre privé du cardinal de Richelieu, le protecteur de Corneille.
Molière y joue entre 1661 et 1673, après la destruction du théâtre du Petit-Bourbon.
C’est Louis XIV qui donne à Molière le théâtre de Richelieu, désaffecté depuis vingt ans.
L’hôtel Guénégaud
En 1673, Louis XIV permet la réouverture de la salle du Jeu de paume de la Bouteille, qui devient le théâtre de Guénégaud.
Après la mort de Molière, les comédiens du Marais rejoignent sur ordre royal la troupe des comédiens de Molière. Cette nouvelle troupe s’installe à l’hôtel Guénégaud.
En 1680, les comédiens de l’hôtel de Bourgogne rejoignent ceux de l’hôtel Guénégaud : c’est la naissance de la Comédie-Française.
Il s’agit alors de conserver le patrimoine en jouant un répertoire devenu classique.
L'évolution du théâtre en France
Au Moyen Âge, le spectacle, quand il n’est pas religieux, est dans la rue, à l’occasion d’une foire par exemple. De simples planches sur des tréteaux suffisent à construire une scène.
Au tout début du XVIIe siècle, le théâtre à la française est construit sur le modèle des Jeux de paumes (ce sont des salles de sport où l’on pratique un jeu de balle, qui deviendra le tennis). Ainsi, l’hôtel de Bourgogne est tout en longueur (la salle mesure 32,5 x 18,5 m. La scène a une profondeur de 12 m).
Durant le XVIIe siècle, le théâtre à « l’italienne » s’impose dans toute l’Europe. Une telle salle - conçue en arc de cercle - permet d’accueillir davantage de spectateurs.


