Dictée

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Le second jour j'ai trouvé sous la première planche, qui avait deux pouces d'épaisseur, une seconde planche, que j'ai jugée pareille à la première. N'ayant jamais eu le malheur d'avoir des visites, et étant toujours tourmenté de la crainte d'en avoir, je suis parvenu en trois semaines à la parfaite dissolution de trois planches sous lesquelles j'ai trouvé un pavé incrusté de pièces de marbre. Je me suis vu consterné, lorsque j'ai trouvé que mon verrou n'y mordait pas : j'avais beau appuyer, et pousser, ma pointe glissait ; cet incident m'abattait l'esprit. Je me suis souvenu d'Annibal qui selon Tite-Live s'était formé un passage à travers les Alpes en brisant à coups de hache les durs cailloux, qu'il rendait tendres à force de vinaigre.

D'après Giacomo Casanova, Histoire de ma fuite des Plombs

Autres dictées

L’homme baissa la tête, ramassa le sac qu’il avait déposé à terre, et s’en alla.
Il prit la grande rue. Il marchait devant lui au hasard, rasant de près les maisons, comme un homme humilié et triste. Il ne se retourna pas une seule fois. S’il s’était retourné, il aurait vu l’aubergiste de La Croix-de-Colbas sur le seuil de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant vivement et le désignant du doigt, et, aux regards de défiance et d’effroi du groupe, il aurait deviné qu’avant peu son arrivée serait l’événement de toute la ville.

Victor Hugo, Les Misérables

Il est nuit.
Je m'en aperçois tout d'un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? Quelle heure est-il ?
Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s'effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d'un mot, puis plus rien.
J'ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse ; je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d'une émotion immense, remué jusqu'au fond de la cervelle et jusqu'au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l'île, et je vois se profiler la tête longue d'un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l'espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l'horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l'éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain...

Jules Vallès, L'Enfant

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