Le conte

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Le prince arrivant au château
Source : Wikipédia

L’origine du mot

N’avez-vous jamais été étonné de l’écriture du mot comptine ?

Ce mot vient du verbe latin computare qui signifiait « calculer ». Le verbe computare a donné notre actuel verbe compter, mais saviez-vous qu’il est également à l’origine du verbe conter ? Le terme comptine, par son orthographe, nous rappelle que les verbes compter (calculer) et conter (raconter, narrer) appartiennent à la même famille.

Au XVIIe siècle, à l’époque de Louis XIV, calcul et narration ne s’opposaient pas. D’ailleurs, compter s’écrivait encore conter ! Ainsi, conter signifiait «raconter» et «calculer».

Ce n’est que plus tard que le mot conter a pris le sens d’énumérer des faits, relater les événement d’une histoire, tandis que le deuxième sens a été refait sur le modèle latin et a donné compter. Quand on change l’orthographe d’un mot (pour le rapprocher de son origine), on parle de réfection étymologique. On a fait, par exemple, la même chose avec le mot temps qui s’écrivait à une époque ten, et qu’on a refait sur le modèle latin (tempus).

L’évolution du mot

Le mot conte a longtemps désigné la narration de choses vraies, de faits réels que l’on expose à quelqu’un. On faisait le conte d’une anecdote ou d’une aventure : Contez-nous comment la chose est arrivée.

À la fin du Moyen Âge, le verbe conter signifie « dire des choses fausses dans le but de tromper » : Que me contez-vous là ? On retrouve ce sens dans des expressions comme en conter de belles, conter merveille ou encore conter des sornettes.

Peu à peu, conter désigne l’acte de raconter, de faire le récit de choses imaginaires.

Contes de Perrault (Gallica)

Un genre littéraire

Avant d’être écrits, les contes sont dits. Ce sont des histoires racontées oralement aux enfants par les nourrices, les gouvernantes, les grands-mères… Ce n’est qu’au XVIIe siècle que l’on redécouvre le conte que l’on considère alors comme peu important.

Avec Charles Perrault, le conte devient un véritable genre littéraire. Dans sa préface de 1695, l’écrivain explique que le conte possède deux qualités. Comme le voulaient les Anciens, il divertit tout autant qu’il instruit : « Partout la vertu y est récompensée, et partout le vice y est puni. Ils [les contes] tendent tous à faire voir l’avantage qu’il y a d’être honnête, patient, avisé, laborieux, obéissant, et le mal qui arrive à ceux qui ne le sont pas». Et il ajoute que les contes «excitent dans les enfants le désir de ressembler à ceux qu’ils voient devenir heureux ».

Il était une fois

Cette célèbre formule n’est pas simplement le signal d’un genre littéraire très connu. C’est aussi un avertissement : l’histoire que l’on va lire échappe à notre monde. Nous quittons la réalité, notre quotidien pour pénétrer dans un univers où abondent vieux châteaux, cavernes profondes, chambres interdites, forêts impénétrables. Cette formule indique également que l’histoire se situe à une époque reculée, très lointaine où tout peut arriver : les animaux parlent, le soleil s’étonne de la beauté des enfants, le sommeil peut durer cent ans, les fées, les marraines réalisent nos désirs et nous récompensent, les objets magiques nous aident dans nos aventures. C’est ce qu’on appelle le merveilleux qui, en latin, signifie « choses étonnantes, admirables ».

Le conte se termine généralement bien et l’enfant qui lit ces histoires comprend que si elles ne sont pas vraies, elles possèdent tout de même un fond de réalité. C’est que le conte s’adresse aux enfants et répond à leurs angoisses : la peur de l’abandon dans « Le petit poucet », la maltraitance de la mère ou de la belle-mère dans « Cendrillon » ou « Hansel et Gretel », la pauvreté dans « Jack et le haricot magique », etc. Le conte rassure en affirmant que si la vie est difficile, le chemin est long et douloureux, le bonheur arrive toujours.

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