La chute de Troie

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Lecture analytique d'un extrait de L'Énéide

Cet extrait raconte la prise de Troie par les Achéens (appelés aussi les Danaens). Cet épisode se situe juste après celui du cheval de Troie, ruse inventée par les Achéens pour prendre la ville. Cette ruse n’est pas racontée dans L’Iliade, mais dans L’Odyssée ou encore dans L’Énéide du poète romain Virgile.

Troie incendié de Simon de Vlieger

Un massacre

Le texte de Virgile est le récit d’un carnage comme le montre le champ lexical suivant :

« le carnage », « les cris lamentables des femmes à qui l'on arrachait leurs enfants », « les râles des guerriers troyens égorgés », « ce palais où hurlait la mort », « ce vieillard massacré »...
De plus, la phrase interrogative « Combien de fois mon glaive s'est-il enfoncé dans une poitrine ennemie ? », la répétition (c’est une figure de style qui insiste sur l’idée de meurtre commis en grand nombre) « Je tuais, je tuais » montrent qu'il ne s'agit ici que de meurtre. Le mot « sang » apparaît d'ailleurs à de multiples reprises : « le fils d'Achille, couvert de sang troyen » « Le bruit des murs embrasés qui s'écroulent dans du sang », « couverte du sang de son époux phrygien ».

Fuir

Virgile veut donc inspirer un sentiment de terreur à son lecteur. Des têtes sont tranchées, des meurtres sont commis en très grand nombre dans ce palais où hurle la mort, les visages sont éclaboussés de sang. Tous ces détails produisent un sentiment d’horreur, de dégoût. Dans ces conditions, la seule solution est la fuite. Le protagoniste de ce récit, Énée un troyen fils de la déesse Vénus, peut partir sans déshonneur.

Saisi d’un « effroyable appétit de meurtre », Énée voudrait pourtant venger les siens. La répétition « Je tuais, je tuais » que nous avons déjà relevée nous montre que le fils de Vénus se bat courageusement et longtemps avant de fuir sur les conseils de sa mère. Celle-ci dévoile à son fils la réalité : ce sont les dieux qui s’acharnent à détruire Troie. Or on ne lutte pas contre les dieux. Énée doit fuir, et fonder une nouvelle Troie qui sera Rome.

Énée, Anchise et Ascagne fuyant Troie

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