Les bœufs d'Hélios (suite et fin)

Vous êtes ici : Lettres > Séquences > L'Odyssée en peinture > Les bœufs d'Hélios (suite et fin)

"Les bœufs du Soleil aux cornes droites"

Après avoir « fui les horribles écueils de Charybde et Scylla » (page 95), Ulysse et ses compagnons parviennent sur l’île du trident, chez Hélios, le dieu du Soleil qui voit tout et entend tout.
Circé et Tirésias ont tous deux mis en garde Ulysse : lui et ses compagnons ne doivent en aucun cas toucher aux troupeaux d’Hélios, car ils périraient immanquablement. Aussi, lorsqu’ils arrivent en vue de l’île, Ulysse conseille-t-il de passer au large.

Malheureusement, Euryloque intervient deux fois dans cet épisode (ce sera les deux dernières). Après avoir loué l’inépuisable force d’Ulysse, il demande que les compagnons puissent trouver un peu de repos sur cette île. Ils repartiront le lendemain (« Demain, à l’aube, nous remonterons à bord pour gagner le large », page 96). Devant l’approbation de tous, Ulysse est obligé de céder.

Dès lors, les hommes d’Ulysse sont les victimes des dieux. Tout d’abord, Zeus « souleva en tourbillons un vent violent ; il enveloppa de brume la terre et la mer, l’obscurité tomba du ciel » (pages 96 et 97). Les hommes ne peuvent donc repartir. Ils sont prisonniers des dieux : « Tout un mois le Notos souffla sans cesse » (page 97). Tant et si bien que les provisions viennent à manquer : « La faim torturait notre ventre », dit Ulysse (page 97).

"Les compagnons d'Ulysse volant le bétail d'Hélios" de Pellegrino Tibaldi
"Les compagnons abattent les bœufs de Hélios" de Styka  Les bœufs d'Hélios

Alors qu’il s’enfonce dans l’île pour prier les dieux, ceux-ci l’endorment. Cela aura pour effet de le préserver des mauvaises actions de ses hommes, pendant qu’Euryloque (c’est la deuxième et dernière fois qu’il intervient) les incite à se nourrir des troupeaux d’Hélios plutôt que de mourir de faim. Ils tentent bien de faire quelques libations, mais sans vin et sans farine, celles-ci n’ont pas de valeur.
C’est à ce moment qu’Ulysse se réveille. Il ne peut que constater le « terrible crime » (page 99). Aussitôt, des prodiges effraient Ulysse et ses compagnons : « [...] les peaux rampaient comme des serpents, les chairs mugissaient autour des broches, cuites ou crues » (page 99).
Ce crime est un sacrilège : le sacré a été profané, c’est donc un péché. Aussitôt, l’équilibre du monde est menacé : « Si je ne suis pas vengé, je descendrai chez Hadès pour éclairer les morts ! » (page 99), assure Hélios. Là où le soleil brille, la nuit s'installerait, et la nuit serait illuminée par le soleil. Le temps est menacé. En effet, les bœufs et les brebis sont 350, les jours du calendrier lunaire. Ils « ne connaissent ni naissance ni mort » (voir la page 90). Ces animaux, qui n’ont ni début ni fin, représentent le temps, et son éternel recommencement (pensez aux mouvements des aiguilles, aux saisons...). Par la faute des hommes, le temps a été blessé.

"Tous les compagnons d'Ulysse périssent dans la tempête" de Styka

Zeus donne donc raison au fils d’Hypérion. Alors que les hommes ont quitté l’île du trident, il provoque une tempête qui fracasse leur navire, tuant tout le monde à l’exception d’Ulysse. Celui-ci parvient à saisir quelques débris qui lui permettront de survivre.

Il dérive ainsi pendant neuf jours. Le dixième, il parvient sur l’île d’Ogygie, chez Calypso.

Ici, s’arrête le récit d’Ulysse, puisque l’épisode de Calypso nous a déjà été raconté (voir la page 13). Désormais, la narration sera de nouveau menée à la troisième personne.

Partager

À voir également

Commentaires