Le massacre des prétendants

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Pages 149 à 156
de L’Odyssée d’Homère
traduit et adapté du grec par Isabelle Pandazopoulos
(ou extraits des chants XXI et XXII)

Ulysse tirant à travers les anneaux

Ulysse est enfin rentré chez lui. Cela faisait vingt années qu’il était parti. Après avoir guerroyé dix ans à Troie, il a ensuite mis dix ans pour retourner chez lui à Ithaque.
Plein de méfiance, le roi, déguisé en mendiant, revient dans son royaume occupé par les prétendants. Ceux-ci veulent sa place et épouser sa femme, Pénélope. Celle-ci, lasse de lutter contre ces hommes, leur impose un défi : celui qui tendra l’arc d’Ulysse et traversera d’une seule flèche les douze haches, elle l’épousera.
Le concours commence. Bien que méprisé des prétendants, le roi mendiant, après que tous ont échoué, prend l’arc.

Le massacre

À ce moment seulement, Ulysse révèle sa véritable identité. Il s’apprête à punir les prétendants. C’est alors un massacre, comme le montrent ces quelques exemples :

La flèche l'atteint à la gorge et traverse de part en part son cou délicat. (p.150)

[…] Ulysse tire une flèche qui l'atteint en pleine poitrine et lui transperce le foie. (p.152)

[…] Télémaque lui plante sa lance dans le dos. (p.152)

[…] ils tuent quatre hommes encore qui mordent la poussière. (p.153)

Pas un seul ne doit échapper à la vengeance royale. Ulysse « cherche partout dans la maison pour voir si quelque prétendant ne s’est pas caché pour fuir la mort » (p.155). Mais, il ne reste plus qu’«tas de cadavres éclaboussés de poussière et de sang». Ulysse est « souillé des pieds jusqu’aux bras » (p.155).

Ulysse et Télémaque poursuivants les prétendants de Pénélope

L’épopée

L’Odyssée raconte donc les exploits d’un héros. On appelle ce récit une épopée.

Une épopée est un long poème en vers, mais la traduction en français est en prose. On retrouve cependant, dans le texte traduit, des procédés caractéristiques de la poésie comme les comparaisons (« Les prétendants s’enfuient, terrifiés comme des bœufs attaqués par des taons », p.153), les périphrases (« les ténèbres voilent ses yeux », p.152), les épithètes homériques (« l’ingénieux Ulysse », p.150 ; « le glorieux Ulysse », p.152 ).

Dans l’épopée, les dieux interviennent, telle Athéna se transformant en hirondelle. Cela s’appelle le merveilleux.

Enfin, l’épopée amplifie la réalité grâce à des images violentes et des expressions exagérées : « un épais flot de sang jaillit de ses narines » (p.150), « On entend le bruit horrible que font les crânes fracassés, et le sol ruisselle de sang ». (p. 154)

Un juste châtiment

Ulysse peut sembler monstrueux. Il est d’ailleurs comparé à un lion à la « mâchoire ensanglantée » (p.155). Les servantes coupables sont pendues. On tranche le nez, les oreilles et le sexe de Mélanthios (p.156).

Mais les dieux sont avec Ulysse. Zeus, tout d’abord, qui «déclenche un coup de tonnerre» (p.149), Athéna, changée en hirondelle, assiste le héros lorsqu’il se trouve en difficulté face au nombre des prétendants, Apollon enfin qu’Ulysse invoque (« si Apollon m’en accorde la gloire », p.150).
Le massacre a lieu le jour de la fête d’Apollon. L’arc est d’ailleurs l’arme préférée de ce dieu terrible. La corde de cette arme fait penser à la corde de la cithare (la comparaison est faite page 149). La corde « sonne aussi juste qu’un cri d’hirondelle » (p.149). Cette corde tue, cette corde résonne juste et harmonieusement. Elle permet de tuer les prétendants, mais surtout de faire justice, de retrouver l’harmonie du début, avant le départ d’Ulysse, avant que les prétendants n’envahissent le palais. Il reste alors à purifier le palais avec de l’eau, « du soufre pour chasser le mal » (p.156).

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