L’invention du langage

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Source : Wikipédia

Dans leur Grammaire nationale, les frères Bescherelles ont imaginé quels mots apparurent en premier, quand l’homme découvrait le langage durant les premiers temps de l’humanité. Ainsi, ces grammairiens ont énuméré les différentes parties fondamentales du discours : les interjections, les noms, les pronoms, les adjectifs, les verbes, les prépositions et les conjonctions.

Les interjections

Les premiers mots ne durent être que des sons, des cris accompagnés de gestes permettant de mieux se faire comprendre.

Ainsi, ces exclamations prononcées pour prévenir d’un danger, exprimer un sentiment ou un besoin furent les premiers éléments du langage :

Eh ! Oh ! Ouille ! Hein ? Pouah ! Aïe !

Plus tard, on donna à ces exclamations le nom d’interjections.

Les noms

Ensuite, les hommes durent inventer les noms des objets qui leur étaient le plus familiers, ceux qui pouvaient le plus les servir ou leur nuire : l’arbre dont le fruit les nourrissait, dont le feuillage leur offrait un abri, le ruisseau dont l’eau les désaltérait, l’animal dont ils craignaient la férocité, etc.

Ainsi ont dû être inventée cette classe de mots qui expriment les choses.

Les pronoms

Quand l’homme eut appris à désigner et distinguer les objets de son environnement, et qu’il voulut exprimer par un mot son existence individuelle, le mot moi s’échappa de sa bouche.

Avec le mot toi, il désigna l’existence d’un autre homme à qui il parlait. Il dit il pour désigner celui à qui il ne parlait pas, et l’appliqua aux animaux et aux choses inanimées.

Comme les noms (le pro-nom est une sorte de nom), les pronoms représentent des objets existants et comme eux, ils font ou reçoivent certaines actions.

Les adjectifs

Une fois qu’un objet était nommé, l’homme distingua les qualités propres à cet objet. En effet, un fruit pouvait être doux et agréable tandis qu’un autre pouvait être amer ou vénéneux ; un animal bon ou féroce.

Cette classe de mots est celle des adjectifs, qui désignent non plus l’objet même, mais la manière d’être de l’objet.

Les verbes

L’homme, après avoir désigné par des noms l’existence des objets qui l’entouraient, s’éleva à l’idée d’existence : il inventa le mot être.

Il dut se servir de ce mot pour affirmer que l’objet désigné existait véritablement.

Tout d’abord, l‘homme put dire : soleil. Puis, soleil être pour faire comprendre que le soleil n’était pas un rêve de son imagination, mais un objet réel de la nature. Il put dire encore : le soleil être brillant.

Il conçut ensuite l’idée du temps qu’il divisa en trois parties : le passé, le présent et le futur. Il appliqua cette division au mot qui lui servait à exprimer l’existence en général. Et au lieu de dire le soleil être brillant, il dit le soleil est brillant. Ainsi, l’homme affirmait non plus seulement l’existence et l’éclat du soleil, mais montrait que le moment où il parlait était précisément celui où le soleil éclairait. Pendant la nuit, il dit le soleil était brillant, pour énoncer que son éclat était passé ou le soleil sera brillant pour exprimer l’espoir d’un nouveau jour.

Dès lors le verbe fut trouvé. Ce mot a été ainsi appelé du mot latin verbum, qui signifie mot ou parole, parce qu’en effet c’était le mot essentiel, le mot par excellence, celui qui joue le rôle principal dans l’expression de la pensée.

Les prépositions

Avec des noms, des adjectifs et des verbes, on pourrait faire des phrases complètes, mais il est nécessaire de lier ces mots entre eux grâce à une autre espèce de mots qui expriment le rapport qui les unit. Ce sont les prépositions dans, sur, à, avant, après qui indiquent les relations que les choses ont entre elles. Ainsi, le choix de la préposition change entièrement la signification de la phrase : je viens avant ou après le dîner.

Les conjonctions

Les prépositions permettent de lier les mots entre eux pour marquer les rapports qui pouvaient exister entre eux. Il en va de même des conjonctions qui permettent aussi de réunir les phrases : Je viens après le dîner, donc ne prépare rien pour moi.

Et les autres mots ?

Dans cette description des classes des mots, n’ont pas été évoqués les déterminants, car ce n’est pas une partie essentielle du langage. Certes, ils apportent beaucoup de précision en permettant d’isoler un objet parmi tant d’autres : ce fruit (et non un autre).

Cependant, le langage peut s’en passer, et il existe beaucoup de langues qui s’en passent parfaitement. C’est le cas du latin qui en était privé et qui ne manquait pas de précision.

Nous n’avons pas non plus parlé des adverbes, une classe de mots que l’on pourrait ranger pour la plupart parmi les adjectifs. Les adverbes sont pour la plupart des locutions abrégées exprimant par un seul mot toute une périphrase. Par exemple, ici équivaut à dans ce lieu, sagement à avec sagesse.
On peut regarder les adverbes comme des mots dont l’invention est la plus récente, la plupart étant dérivés de mots déjà inventés.

Il n’a pas non plus été question des participes, dont le nom indique assez la nature mixte puisqu’ils participent à la fois de l’adjectif et du verbe. Ils ne forment donc pas une des parties fondamentales du discours, et doivent être rangés parmi les adjectifs.

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