Exercices sur le réalisme

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Pierre et Jean
Source : Gallica

Voici quelques extraits de la préface de Pierre et Jean de Guy de Maupassant. L’auteur y explique ce qu’est, pour lui, le réalisme. Lisez les extraits de cette préface, et faites les exercices qui suivent.

Extrait 1

Le réaliste, s’il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même.
Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d’incidents insignifiants qui emplissent notre existence.
Un choix s’impose donc
[...]

Être réaliste, c’est donc faire un choix. On ne peut pas tout raconter.
Imaginez que vous êtes assis à la terrasse d’un café. Racontez ce que vous voyez. Ne donnez que les événements les plus importants susceptibles de créer l’impression de réalité.

Extrait 2

Quel enfantillage, d’ailleurs, de croire à la réalité puisque nous portons chacun la nôtre dans notre pensée et dans nos organes. Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût différents créent autant de vérités qu’il y a d’hommes sur la terre. [...]
Chacun de nous se fait donc simplement une illusion du monde, illusion poétique, sentimentale, joyeuse, mélancolique, sale ou lugubre suivant sa nature.

La réalité est donc différente selon les individus. Ce que l’on voit est d’ailleurs différent selon que l’on est heureux ou malheureux.
Décrivez un lieu que vous choisirez. Rédigez une première description d’un lieu vu par un personnage heureux, puis rédigez une autre par un personnage malheureux.

Extrait 3

Quelle que soit la chose qu’on veut dire, il n’y a qu’un mot pour l’exprimer, qu’un verbe pour l’animer et qu’un adjectif pour la qualifier. Il faut donc chercher, jusqu’à ce qu’on les ait découverts, ce mot, ce verbe et cet adjectif, et ne jamais se contenter de l’à peu près [...]
Ayons moins de noms, de verbes et d’adjectifs aux sens presque insaisissables, mais plus de phrases différentes, diversement construites, ingénieusement coupées, pleines de sonorités et de rythmes savants.

Écrivez le début d’un conte réaliste (une dizaine de lignes tout au plus), ne cherchez pas de mots compliqués, et faites des phrases «différentes, diversement construites, ingénieusement coupées, pleines de sonorités et de rythmes savants».
Souvenez-vous de ce que vous avez appris dans le chapitre sur la poésie (allitérations, assonances, nombre de syllabes, etc.).

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