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Lecture analytique du poème «Quand je me mettrai à voler» de Charles d’Orléans. Le poème étudié est une adaptation, mais il est intéressant de la confronter au texte original :
Quant commenceray à voler,
Et sur elles me sentiray,
En si grant aise je seray
Que j'ay double de m'essorer.
Beau crier aura le levrier,
Chemin de plaisant vent tendray.
Quant commenceray à voler,
Et sur elles me sentiray.
La mue m'a fallu garder
Par longtemps, plus ne le feray,
Puisque doulx temps et cler verray;
On le me devra pardonner.
Quant commenceray à voler.
Ce petit poème est un rondeau. Il est composé de trois strophes, sur deux rimes qui toutefois disparaissent dans la traduction. On les retrouve dans le texte non adapté en français moderne :
Quant commenceray à voler, A
Et sur elles me sentiray, B
En si grant aise je seray B
Que j'ay double de m'essorer. A
Les rimes sont représentées par une lettre majuscule (ABBA). Pour trouver les rimes, il faut lire le dernier mot du vers et les derniers sons qu’il a en commun avec un autre. Ainsi, «voler» rime avec «essorer» ; «sentiray» rime avec «seray».
Chaque strophe répète le vers «Quand je me mettrai à voler». C’est ce qu’on appelle un refrain. Il est constitué du premier vers, répété au milieu de la deuxième strophe, puis à la fin de la dernière strophe.
Le mot rondeau vient de la danse que l’on appelait la ronde. La figure du rond se retrouve dans la forme circulaire du poème, puisque la fin du poème est le début.
Dans ce rondeau, Charles d’Orléans évoque son désir de s’envoler, désir de quitter «la cage» (voir la troisième strophe) qui se comprend si l’on se rappelle que le poète a subi 25 ans de captivité après avoir été fait prisonnier par les Anglais après la bataille d’Azincourt (pendant la guerre de cent ans). La longévité de cette captivité est rendue par le rejet de l’adverbe «longtemps» au vers 10 (un rejet est un mot appartenant à la phrase du vers précédent, au vers 9 dans notre exemple). Un rejet permet de mettre un mot, une idée en valeur.
Ce désir de liberté n’est pas encore réalisé, c’est un rêve qui appartient encore au futur d’où l’abondance de ce temps : «mettrai», «sera», «devra». Le futur antérieur «aurai terminé» permet au poète d’imaginer son rêve accompli.
La réalisation de ce rêve procurera au poète un intense sentiment de plaisir («Mon bien être sera si grand»). On parle de lyrisme quand un poète dit «je» et évoque ses sentiments («je crains», «plaisant»).